Salut,
C’est un sujet qui est pas mal revenus dans les demandes.
Et ce problème est rencontré par bon nombre d’entre nous.
j’ai été lire les étiquettes, les grilles de tailles et les pages « notre fabrication », et je suis allé poser des questions à celles qui vivent ça tous les jours.
Ce que j’ai compris, d’abord.
Une bonne partie des marques, surtout celles qu’on voit passer sur Instagram, s’arrêtent au 44, parfois au 46.
Et on ne peut pas leur jeter la pierre, c’est un problème économique.
Au-delà, soit il n’y a rien, soit il y a une ligne « plus » à part, souvent moins bien faite, avec moins de choix et des matières moins nobles. Et quand une marque « agrandit » un modèle, elle prend souvent son patron de base et elle l’étire proportionnellement.
Sauf qu’un corps ne grandit pas proportionnellement. Les épaules ne s’élargissent pas au même rythme que les hanches, la longueur de bras ne suit pas le tour de poitrine.
Résultat : une robe en 52 qui tombe mal partout. Ça, ce n’est pas moi qui le dis, c’est ce que revendiquent les marques qui font les choses bien :
Universal Standard, aux États-Unis, conçoit ses pièces à partir de la taille 18 et les fait essayer sur un mannequin cabine pour chaque taille, « sans formule ».
Cuissoh, en France, dit avoir dessiné chacune de ses tailles séparément. C’est ça, le vrai travail. Et c’est ce que j’ai cherché dans les marques ci-dessous.
Les vêtements, du moins cher au plus cher.
Almé Paris, du 36 au 54. Fondée par Emmanuelle Szerer, une ancienne trader, avec une boutique-salon rue de la Boétie où tu peux essayer avec quelqu’un qui te conseille. Fabrication majoritairement en Europe, et un fonctionnement en précommande qui évite de produire pour rien. Un pull à 75 euros, un blazer à 110. C’est l’entrée de gamme de cette sélection, mais une entrée de gamme sérieuse.
Creativ’Curves, du 46 au 54, avec du sur-mesure si tu dépasses. Cousu dans un atelier en Île-de-France, tissus certifiés Oeko-Tex, et à peu près trois quarts des pièces faites à partir de fins de collections d’autres maisons. C’est coloré, c’est joyeux, et c’est entre 69 et 169 euros. La fondatrice, Maria Etchika Divron, est elle-même concernée, et ça se sent dans les coupes.
JMP, Jean Marc Philippe, du 42 au 56. C’est une maison discrète qui fabrique dans son atelier parisien depuis plus de quarante ans. Pas la marque la plus instagrammable du lot, mais quarante ans à faire du 42-56 à Paris, ça mérite qu’on s’y arrête. Robes entre 110 et 160 euros.
Ibilola, la marque de Gaëlle Prudencio, du 36 au 62.
Ses robes, ses jupes et ses bombers en wax sont cousus à la main dans son atelier de Cotonou, au Bénin, sur mesure, en précommande. Compte cinq semaines d’attente et entre 100 et 160 euros. Du 62 cousu à tes mesures pour ce prix-là, je n’ai rien vu d’équivalent.
Les Militantes, du 42 au 58. Tout est cousu dans de petits ateliers parisiens, avec le label « Fabriqué à Paris ». Les matières : coton, lin, tencel, de la soie sur certaines blouses, et le polyester est, je cite, « banni au maximum ». Les pièces sortent en éditions de dix à quarante exemplaires, en précommande. Une robe en gaze de coton à 149 euros, une robe en lin à 199. C’est exactement ce que je recommande en taille standard, sauf que là, ça va jusqu’au 58.
Marina Rinaldi, environ du 42 au 56. C’est la marque grande taille du groupe Max Mara, créée en 1980 par Achille Maramotti, le fondateur de Max Mara lui-même. Plus de trois cents boutiques dans le monde. Attention, elle a sa propre numérotation, en chiffres impairs : un 19 correspond à un 44 français, un 29 à un 54. Les prix vont du pantalon à 155 euros au manteau en laine à 1 500. Si tu veux de la laine et de la soie italiennes coupées pour toi, c’est là.
CQFD, du 34 au 56. Je t’en avais déjà parlé pour son trench. Là, c’est pour le costume : la veste en laine vierge italienne est à 690 euros, le pantalon Super 110’s à 390, et surtout, c’est la même grille, le même tissu et la même coupe du 34 au 56, sans ligne séparée. Veste et chemise cousues en France. C’est cher, c’est de la précommande, mais c’est le seul tailleur femme que j’ai trouvé qui ne s’arrête pas en route.
Ensuite, ce qu’on oublie toujours.
Cuissoh, pour le dessous. Un shorty anti-frottement pour les cuisses, du 34 au 64, tissu technique italien et confection au Portugal, 49,90 euros. Plus de 55 000 vendus depuis 2021. Ce n’est pas de la mode, c’est du confort, et beaucoup de femmes m’ont dit que ça avait changé leurs étés.
Les Bijoux Grandiose, pour les mains. Les bijouteries classiques s’arrêtent souvent à la taille 58 de bague. Blandine Hounyo, huit ans dans le métier, a lancé en 2019 une marque qui va du 60 au 68, avec des chaînes et des bracelets plus longs que la moyenne. Fabriqué en France, sans nickel. Je n’ai pas pu relever les prix sur le site, donc je ne t’en donne pas.
Zecombell, pour le mariage. La seule maison française que j’ai trouvée qui fait des robes de mariée du 44 au 68, sur mesure, dans son atelier du 14e à Paris. À partir de 1 500 euros, et il faut s’y prendre deux mois avant.
Et si tu sais coudre, Bonjour Gisele vend des patrons du 44 au 56, dessinés par une modéliste spécialisée, pensés pour les débutantes, entre 14 et 20 euros.
Et pour les hommes, parce que le sujet n’est pas réservé aux femmes.
Chez les hommes, le mur est au XXL. Asket, Sunspel, Lafaurie, Gloverall : des marques que j’adore, et qui s’arrêtent toutes là, soit autour de 120 centimètres de tour de poitrine. Voilà celles qui vont plus loin.
Merz b. Schwanen, pour le t-shirt. Le modèle 2M15, en coton bio, existe jusqu’au 4XL sur certains coloris, 90 euros. Attention, les fameux t-shirts tricotés sur les vieilles machines loopwheel, eux, s’arrêtent au XXL.
1083, pour le jean. Du 26 au 46, soit jusqu’à 131 centimètres de tour de taille, tout fait en France, 149 euros. Et si tu dépasses, Atelier Tuffery, en Lozère, monte jusqu’au 52 sur son jean Alphonse à 139 euros, et fait du sur-mesure sur rendez-vous.
Saint James, pour la marinière. La Minquiers Moderne va du XS au 4XL, soit environ 136 centimètres de poitrine, tricotée en Normandie. Je n’ai pas réussi à lire son prix en euros, donc je ne te le donne pas.
Charles Tyrwhitt, pour la chemise. Des cols jusqu’à 51cm, en coupe classique. C’est anglais, c’est sérieux, et ils vendent souvent par quatre.
Peter Christian, pour la veste. Une maison anglaise qui fait du Harris Tweed de 97 à 142cm de poitrine, en trois longueurs. Le pantalon en tweed est à 275 euros.
Son of a Tailor, si rien ne te va. Tu donnes ton âge, ta taille, ton poids et ta pointure, et ils te coupent un t-shirt ou un pull à tes mesures, au Portugal. Si ça ne va pas, ils le refont gratuitement.
Pour le costume, Blandin & Delloye fait du sur-mesure dans des tissus de drapiers italiens et anglais, à partir de 780 euros le deux-pièces, avec une vingtaine de showrooms en France.
Et si tu es vraiment hors grille, Capel, à Paris, Lyon et Strasbourg, habille les hommes forts et grands depuis 1958, jusqu’à la taille 76, avec un tailleur dans chaque boutique. Ce n’est pas une marque, c’est une adresse, mais c’est la seule que j’ai trouvée en France.
Deux mots pour finir.
Si tu as une marque à ajouter, réponds à ce mail, je lis tout. Et si tu fais une taille standard et que tu as lu jusqu’ici, partage cette lettre à quelqu’un à qui elle servira. Ces marques sont petites pour la plupart, elles ne font pas de pub, et elles méritent qu’on sache qu’elles existent.
À jeudi prochain,
Luca
PS :
Dernier appel pour ma collab en cocréation avec Meeko ! Après ce week-end ce sera terminé :)
Tu la retrouves juste ici : https://meeko.store/products/capra-lucallaccio-baskets-techniques-et-durables







