J’ai perdu du poids ces derniers mois.
Pas mal, même.
Je pourrai te faire une newsletter pour te raconter comment d’ailleurs (si ça t’intéresse).
Mais il y a un problème : plus aucun pantalon ne tient alors que je les adore.
Je passe mes journées à les remonter. Un petit coup de poignet, toutes les dix minutes.
Je ne m’en rendais même plus compte.
C’est Sam qui l’a vu.
Sam, c’est le fondateur de Max Sauveur. On a déjà sorti un mocassin ensemble en février (le Jagger).
Mais c’est surtout un super ami.
Et franchement, c’est pour ça que cette histoire est partie aussi loin.
Florence, en juin…
En juin, je pars quatre jours à Florence avec Sam et Long, un autre ami.
Le programme : marcher, manger beaucoup trop, boire du vin le soir, se lever tard.
Bref, des vacances.
Il fait une chaleur de dingue. On marche à l’ombre, on traverse les places en courant comme des gazelles et on ne revit que vers 19h avec une coupe de Prosecco.
Sauf que Florence, c’est la ville du cuir.
Les ateliers de Santa Croce, le marché de San Lorenzo... Tu ne fais pas 100 mètres sans tomber sur une vitrine pleine de ceintures.
Et moi, avec mon pantalon sur les hanches, je m’arrête devant toutes.
Sans acheter de ceinture. Tout était un peu cheap.
Sam dit que je faisais une moue à chaque vitrine.
Mais le problème était pourtant simple.
Les ceintures en général ne sont pas élégantes et surtout elles font cheap ! De la boucle au cuir.
Moi je veux une ceinture qui tient la route, qui aille avec un costume ou avec un jean.
Je déteste me prendre la tête.
Le troisième jour, Long craque (indice sur la photo).
Il me demande si je compte acheter un truc un jour (en me disant qu’on n’a pas que ça a faire, qu’il faut aller manger des pizzas).
Il n’a pas tort. J’adore la pizza, même plus que les ceintures.
Au déjeuner, je pose ma fourchette et je dis : « Les gars, il faut que je trouve une putain de ceinture. »
(Oui, grosse annonce.)
Sam aurait pu me répondre qu’il en vend déjà. Que je n’avais qu’à aller sur son site, comme tout le monde.
Mais Sam est adorable.
Alors il commande un café et sort un stylo moche.
Ça suffit pour…
dessiner sur la nappe.
Dans le restau.
Je pensais qu’on en avait pour dix minutes. Ça dure deux jours.
Pas dans le resto. Mais on n’arrêtait pas de se dire :
« non mais attends, et si on faisait plutôt... ».
On n’est d’accord sur rien. C’est comme ça qu’on bosse avec Sam, et ça marche plutôt bien (depuis plus de 6 ans maintenant !).
Au bout d’un moment, le stylo ne suffit plus.
Coup de bol : l’atelier de Sam est juste à côté de Florence.
Un dimanche soir, en pleines vacances, il appelle Andrea, qui dirige l’atelier.
Il n’est pas fier au téléphone, je te le dis.
Andrea répond qu’il vient nous ouvrir le lendemain matin.
La classe.
À Dallas.
Lundi, 9h. Andrea nous attend avec un café bien serré qui explose le palais.
Il sort des peaux. Il ouvre les tiroirs de boucles (il y en a des centaines, c’est la folie).
Et Sam me demande : « Ta ceinture, tu veux la porter avec quoi ? »
Je réponds :
avec un costume le mardi, quand j’ai des rendez-vous
avec un jean le samedi
avec un truc un peu plus osé, quand j’ai envie qu’on me remarque
Sauf qu’une ceinture qui fait bien les trois, ça n’existe pas.
Du coup, on arrête de chercher la ceinture parfaite. On en fait plusieurs.
Et j’ajoute une règle : je les veux unisexes.
Pour une seule et bonne raison : ma compagne me pique mes ceintures. Tout le temps.
Je les retrouve chez elle trois semaines après (quand je les retrouve).
Donc on a bossé les largeurs et les proportions pour que ça marche sur tout le monde.
Quitte à me les faire piquer, autant qu’elles lui aillent bien :)
On repart avec quatre ceintures
La Gigi
On commence par la plus simple. Et c’est la plus dure à faire.
Sur une ceinture discrète, le moindre détail raté se voit.
Ce qu’on ne voulait pas : la boucle rectangulaire. Un rectangle au milieu du ventre, ça coupe la silhouette en deux.
Andrea ouvre trois tiroirs avant qu’on trouve la bonne.
Une boucle en forme de goutte d’eau. Fine, un peu effilée, sans aucune gravure.
On fait « ouaaah » tous les trois. Pour une boucle de ceinture, oui. Même Long.
Une fois portée, elle affine au lieu d’élargir.
Et tu vois d’abord la tenue, puis la ceinture.
C’est le plus important ici.
Il y a deux versions :
cuir marron café, boucle dorée : elle va avec tout, du costume bleu marine au chino beige
cuir embossé noir façon lézard, boucle argentée : discrète de loin, et de près tu vois le relief
Sam dit que c’est celle qui l’excitait le moins des quatre.
Moi, je la porte tous les jours depuis que j’ai reçu le proto. C’est de loin ma préférée.
La Morricone
L’après-midi, après avoir bien mangé.
Quelqu’un dit « western ».
Avec Sam, on adore les westerns de Sergio Leone. Ça fait des années.
Mais la boucle western, c’est casse-gueule. Tu tombes vite sur l’énorme plaque gravée qu’on gagne dans un rodéo.
Tu mets ça un mardi à Paris, tu es déguisé.
On passe l’après-midi à dire non. Trop grosse, trop gravée, trop ceinture de catcheur.
Andrea nous demande si on cherche une boucle ou une excuse pour rester à l’atelier et boire du café qui défonce le palais (un peu des deux).
Et on la trouve.
Tu vois tout de suite que c’est western. Mais elle est plus petite et beaucoup plus sobre que ce que tu imagines.
On l’a appelée la Morricone, comme le compositeur d’Il était une fois dans l’Ouest.
En cuir lisse noir, sur un jean brut avec une chemise blanche, ça passe tout seul.
Si le western te tente et que tu n’as jamais osé, c’est celle-là.
La Morricone pony
Celle-là, c’est de ma faute.
Le soir, on mange une cacio e pepe. On a trois ceintures, toutes faciles à porter. Sam est content.
Et je lui dis : « On peut pas sortir trois ceintures sages et rentrer chez nous. »
Il me sort toutes les raisons de ne pas le faire. Le marché, les tailles, les quantités.
Sauf que moi j’adore cette ceinture. J’ai forcé Sam à la sortir.
Du coup, la quatrième est en cuir pony imprimé vache, noir et blanc.
Je te rassure : le pony, ce n’est pas du poney. C’est un cuir à poils ras, le même que sur le mocassin Jagger chocolat.
Le motif est irrégulier, les taches ne tombent jamais au même endroit.
Donc il n’y aura jamais deux ceintures pareilles. Tu recevras une variation proche des photos, pas la même.
Mon conseil : mets-la avec des trucs simples. Un jean brut, un pull uni, des bottes.
Elle fait le reste.
Laquelle prendre ?
Si tu n’en veux qu’une : la Gigi café ou noire. Tu la mets, tu n’y penses plus.
Si tu en as marre des ceintures sages : la Morricone noire.
Si tu veux qu’on te pose la question dans la rue : la pony.
Et si tu hésites entre deux, franchement, prends les deux (je t’explique pourquoi juste en dessous).
Et côté technique ?
Tu me connais, je regarde toujours comment c’est fait.
Les quatre sont fabriquées en Italie, dans l’atelier d’Andrea, près de Florence. Le cuir est un pleine fleur italien.
La boucle est en laiton massif, taillée en une seule pièce. Et recouverte d’argent ici.
Pas de soudure, donc rien qui casse.
(Beaucoup de marques utilisent du zamac, un alliage pas cher qui vieillit mal. Pas de ça ici.)
À l’intérieur, il y a une doublure en cuir nubuck. Personne ne la voit, mais c’est elle qui protège la ceinture et qui la fait durer.
Et entre les deux, il y a une fine couche de liège.
C’est le détail que je préfère. Une ceinture classique finit par se détendre et vriller sur les côtés. Le liège lui donne du corps et l’empêche de se déformer, surtout autour des trous et de la boucle.
Avec le temps, elle se moule même sur toi, comme une bonne paire de chaussures.
Franchement, à ce prix, tu ne trouves pas ça souvent.
Les infos pratiques
C’est une précommande.
L’atelier fabrique uniquement les tailles commandées. Pas de stock, pas d’invendus à solder en janvier.
Franchement, j’adore quand c’est fait comme ça. Et c’est ce qui permet ces prix :
1 ceinture : 129 €
2 ceintures : 119 € l’unité (238 € les deux)
3 ou 4 ceintures : 99 € l’unité (297 € les trois, 396 € les quatre)
Ça ferme le mercredi 14 octobre à minuit.
Le jeudi 15, elles passent à 179 € pièce.
Pour te donner une idée : deux ceintures, c’est 238 € aujourd’hui et 358 € après. Et les quatre aujourd’hui coûtent moins cher que trois après.
Autre chose : les tailles que personne n’a commandées ne seront pas fabriquées. Il n’y aura pas de rattrapage.
Tu reçois ta ceinture mi-décembre, peu importe le jour où tu commandes.
Pour la taille, c’est deux minutes :
Prends une ceinture qui te va bien
Mesure de l’ardillon (la petite tige en métal de la boucle) jusqu’au trou que tu utilises
C’est ta taille
Elle correspond au troisième trou, celui du milieu. Il y a 2,5 cm entre chaque trou, donc tu as de la marge.
Si tu as un doute, il y a un tableau et une vidéo sur chaque fiche produit.
ou ici : https://maxsauveur.com/collections/precommande
La fin de l’histoire
On a reçu les protos en septembre.
Sam me demande ce que j’en pense. Il s’attend à un roman (avec moi, c’est toujours un roman).
Je lui réponds trois mots : « Beh mes pantalons tiennent. »
C’était quand même le but.
Merci à Andrea, qui a ouvert son atelier pendant ses vacances à des types qui dessinaient sur une nappe.
Merci à Sam, qui ne sait pas me dire « va voir sur le site ».
Et désolé Long pour tes vacances haha
J’ai hâte de voir laquelle tu choisis.
À très vite,
Luca
P.S. : Si quelqu’un chez toi te pique tes affaires, prends-en deux. Je parle d’expérience.


















